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Chemins de poussière

Chemins de poussière

Blog d'écriture de Robert Loï

Publié le par Robert Loï

Ne pas laisser faire le hasard mais le faire
ça pourrait être la définition de construire
ou de...détruire.
La frontière est si floue
entre Le bleu des mers nourricières
et le vert des futurs incertains.
Construire ou détruire
ça tient à si peu.
Le monde est bleu-vert ou vert-bleu

Vert-bleu

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Publié le par Arts et Culture

A ceux dont l'enfance fut volée.
Pillée, dévastée
A ceux-là, on voudrait dire
De regarder "devant"
Mais devant c'est quoi ?
Devant, c'est loin
Derrière c'est tant..
De tendresses manquées
De Chemins torturés


 

 A ceux-là on voudrait tendre
 Parfois même vendre
 Des remèdes miracles
 Autres antidotes reconnus
 Par des mages
 Qui n'ont rien de sages
 Des Mages
 Qui ont lu et relu
 Des milliers de pages
 Dans des livres "savants"
 Des mages
 Aux airs rassurants
 Mais qui n'ont pas connu
 L'hiver d'un abandon.
 D'un vrai abandon
 De vrais abandons...

 

A ceux-là, il vaudrait mieux
Tendre la main
Celle du cœur
A ceux dont l'enfance fut volée.
Pillée, dévastée
A ceux-là, il faudrait dire :


"Il n'y a pas d'âge pour vivre
Son enfance
Et si le ciel se dégage enfin
Puisque le ciel se dégage enfin
Viens près de moi
Viens mon enfant
Que je te montre la voie
Des heures dorées
Des ciels en couleurs
Où volent
Des ballons d'argent

Viens que je te rende un peu
de ces heures

Que d'autres ou la vie
T'ont volées."

A ceux dont l'enfance...

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Publié le par Robert Loï

Elle était passée là
Plusieurs fois, sans savoir
Que l'amour est partout
"C'est écrit sur les murs
Ou sur les palissades"
Lui criaient ses amis

Mais...
De coups durs en malheurs
De malheurs en glissades
Le temps, encore lui
Le temps, toujours lui
Avait jauni son cœur
Avait jauni sa vie.

Elle était passée là...

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Publié le par Robert Loï
Nous vieillirons ensemble
Nous vieillirons ensemble
Malgré les vents contraires
L'âpreté des chemins
Ou les refrains cruels
Que chante le quotidien
Sans jamais se lasser

Nous vieillirons ensemble
Si le temps le veut bien
Tant que j'aurais la force
De te prendre la main
Pour narguer gentiment
Le souffle du destin

Sans jamais nous lasser
Nous Vieillirons ensemble



 

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Publié le par Robert Loi

Quelquefois, le destin jette sur notre route une âme un peu perdue qui cherche une boussole. Même si elle nous demande peu, nous hésitons à l'aider. Par peur de bousculer notre égoïsme et notre petit confort. Il y a aussi cette petite voix intérieure qui nous met en garde : "Ah ! s'il fallait aider toutes les âmes perdues de la terre ! Tu as ta vie, tes problèmes, des gens qui te sont proches et qui ont déjà tant besoin de toi "

Mais... une autre petite voix se fait entendre : "Cette âme un peu perdue ne te demande pas grand chose, juste quelques miettes de ton temps et un peu de ta considération". Alors tout en rechignant, nous acceptons, tant bien que mal, de donner ce petit rien qu'elle attend de nous. Au départ, peut-être pour se donner bonne conscience...

Puis, le temps passant, nous réalisons combien c'est nous qui avions besoin d'elle, combien nous l'attendions, dans le secret de notre âme sans jamais oser nous l'avouer...

Nous réalisons que c'est sur SA ROUTE que le destin nous a jetés…


Robert Loï

Quelquefois, le destin...

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Publié le par Robert Loi



Après toutes nos pertes
Si un jour on partait.
Sur une île du ciel
Seulement toi et moi
Tout au bord des nuages
Des fleurs au bout des doigts
J’écrirais des chansons
Qui parleraient de toi

Mais cette île du ciel
Elle est peut-être là
Dans le creux de nos bras
Quelque part sur nos mains
Ou cachée dans nos cœurs
Mais tant qu’on aura peur
On creusera encore
A côté du trésor

Ne marchons plus en vain
Dans cet enfer urbain
Qui raccourcit nos pas
Qui étouffe nos mots
Qui sonne le trépas
Des rêves nouveaux
A deux pas de chez toi
Je me sens si loin


Robert Loï - tous droits réservés


Ecrit en juin 2010. Publié sur facebook le 9 juin 2013

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Publié le par Robert Loi
Publié dans : #Des comptes de la vie

La dernière danse

Un jour, je la ferai

Un dernier tour de piste

Enfumé de silence

 

Etouffé par l’oubli

Bouffé par mes envies

De revanche

je danserai


 

La dernière danse

Un jour je la ferai

En refermant le livre

Petit cercueil des mots

Que je n’aurais pas écrits

Ou qui m’auront trahi



La dernière danse

Elle me conduira

Où il faudra que j’aille

Que je le veuille ou pas

J'y marcherai au pas

Et on m’y trainera

Si jamais je rechigne

On m’y trainera

Que je le veuille ou pas !

 

 

Quand le tocsin sonne,

Tous nos délits d’amour

Vibrent dans nos tripes

 

Hagards, on cherche les étoiles

qui ont brillé un jour

 

Qu'on a juste effleurées

de peur qu’elles nous brûlent

 

Le jour de la dernière danse

On jetterait tout l’or

Amassé dans les caves

De nos vies de misère

Pour revoir ces étoiles

 

Qu’elles nous brûlent le corps.

Enfin

Qu’elles nous déchirent l’âme.

Enfin

 

Mais on les cherche en vain…

De cette petite flamme

Qui seule dans un coin

Brûle

Pour quelques temps.

Encore.

 

 

 

 

 

Robert Loï - le 6 septembre 2011

 

La dernière danse.

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Publié le par Robert Loï

 

En quelques semaines, une femme va regarder comme un monstre,  un homme qu'elle a aimé passionnément. De victime, l'héroïne devient persécutrice pour essayer de se recontruire. Le rapport dominant/dominé poussé dans ses ultimes retranchements De pages en pages, parfois entre les lignes, l'auteur dévoile les rouages d'une mécanique implacable  ; comment son héroïne l’appliquera méthodiquement au-delà de toute réalité, et, plus encore, au-delà de toute humanité.  Trente ans plus tard, à l'aube de sa vieillesse, elle se souvient et elle raconte...Quand l'autofiction dépasse le désir de positionnement social ou affectif pour devenir l'outil affiché d'une quête identitaire.


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Extraits :

 

[...] Le vingt-deux décembre deux mille trente sept. 

Quelque part dans ma conscience ou dans mon cœur. Je ne sais plus.

Chères lectrices, chers lecteurs, à vous qui me lisez…

 

Seule au coin du feu, ce ne sont pas les flammes qui rougissent mes yeux, mais des faits vieux de trente ans. Enterrés sous le sable des souvenirs, je n’imaginais pas qu’ils puissent en surgir au crépuscule de ma vie pour torturer ma conscience. Seuls des aveux sincères et circonstanciés me permettront enfin de trouver la paix. L'hémorragie du temps ne s'arrêtera plus. Celui que je vais prendre pour vous livrer cette histoire permettra, j’espère, d'alléger mon cœur, si lourd, si froid, ce premier soir d'hiver. Je vais vous la raconter le plus simplement possible, sans fard, et, peut-être pour la première fois, sans tricher.

 

 

 

[...] J'ai toujours aimé la littérature et j'ai commencé à puiser mes histoires dans les mots des autres. Des pages à écrire que je n'avais qu'à arracher quand elles ne me convenaient plus. Enfin actrice de ma nouvelle vie, j'inventais mon propre roman, mon propre cinéma. Mon rôle préféré, celui de l'héroïne romantique, n'était pas des plus faciles. J'avais le talent, mais du mal à trouver les contextes, à planter les décors, et surtout, à rencontrer les hommes adéquats. La peur était bien là, l'envie de respirer aussi. Un peu avant mes quarante ans, je décidai de me séparer de mon mari [...]

 

 

 

[...] Cette pseudo liberté, j’ai tenté de l’exploiter au mieux en rencontrant d’autres hommes. Beaucoup. La plupart me laissant après m'avoir consommée, sans jamais m'avoir aimée pour ce que j'étais, sans rien comprendre de ma profondeur ni de mes vraies attentes. Repartis aussi vite qu'arrivés, repus de cette enveloppe charnelle que j'ai toujours eu du mal à aimer, saignant un peu plus mon âme et tout ce qu'il y avait de beau dans le fondement de ma quête.

 

Ma sœur, la tendre complice de mon enfance, dont je croyais le soutien indéfectiblement acquis, m'avait tourné le dos. L'homme qu'elle avait épousé lui avait interdit quasiment tout contact avec moi, prétextant que je n'étais plus une personne fréquentable. Sans doute craignait-il que ma sœur accède, par identification, à cette même liberté, et échappe ainsi à une soumission qu’il voulait absolue. Eloigner sa femme de moi lui permettait aussi d’approcher cette liberté qu’il désapprouvait au grand jour... Lors d’un anniversaire, il m'avait offert de la lingerie féminine. Malgré son double sens, le message était clair, je l’entendais presque me chuchoter à l’oreille :

 

« - Je te déclare libertine donc infréquentable pour ma femme, mais si au passage, je pouvais en profiter… ».

 

Ma sœur qui était présente n’avait pas dit un mot. A peine un petit rire gêné. Telle était sa soumission qu’elle englobait la trahison. [...]

 

 

 

[...] Et un jour… je l’ai rencontré [...] Un homme différent d’une grande sensibilité, qui savait lire mes émotions  [...]  J'aimais son regard et celui qu'il posait sur moi, sa voix, son humour, ses mille et une façons de sourire et l'ajustement parfait de ses expressions. Tout en lui collait à la vivacité de son esprit mais aussi à la douceur de son caractère. Son corps était aussi massif que le mien était frêle, ses attaches aussi solides que les miennes étaient fines, et comme le mien il renfermait encore une âme d'enfant. Je trouvais enfin dans l'autre une part de moi [...]

 

 

 

[...]  Vingt-trois décembre deux mille trente sept, le jour se lève

Irréparable, pourquoi ce mot me hante-t-il encore ?  Irréparable… Ce mot, que j'ai prononcé tant de fois, habillant ainsi des actes ou des situations tellement réparables, sans doute pour donner un peu de dramaturgie et du sens à ma vie. Irréparable…ceux qui emploient ce mot avec autant de complaisance n'ont pas dû avoir beaucoup à réparer dans leur vie. Tout était réparable. Tout. L'irréparable, je l'ai certainement commis, en refusant jusqu'au bout de lui rendre son humanité.

 

J'ai tourné ma vie comme un film, coupant des scènes au montage, laissant trop souvent d'autres le faire pour moi ; jetant à la poubelle la pellicule jugée inutile, trop froissée. Aujourd'hui je suis vieille et je fouille tout au fond, à la recherche de ces bobines perdues, dans lesquelles il y avait des parts de moi. Elles me manquent cruellement. Mais il est bien trop tard, le fond de la poubelle est vide. Il ne reste plus que des : … et si…? [...]

 

 

 

De sincères remerciements à Thérèse, Nicole et plus particulièrement à Valérie Daplomb, pour leur aide. Essayer d'écrire en se glissant dans la peau d'une femme n'est pas aisé...sans elles, je n'y serais pas parvenu.

 

 

Robert Loï - le 11 novembre 2010 

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Publié le par Robert Loi

 

Les seins de Lucie

 

Sont des étoiles

 

De petites voiles

 

Qui bruissent bien haut

 

 

 

Les seins de Lucie

 

Sont des égéries

 

Pointés comme des « i »

 

Ils aiguisent mes mots

 

 

 

Les seins de Lucie

 

Sont des envies

 

Qui ne ploieront pas,

 

Sous la lie de la vie

 

 

 

D’un  simple murmure

 

Les seins de Lucie

 

Percent les armures

 

Des vieux loups trop aigris

 

 

Robert Loï - le 24 septembre 2010

 

Les seins de Lucie

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Publié le par Robert Loï

En 2011, après avoir découvert ce poème, le compositeur Jean-Yves Paris m'en proposa une adaptation musicale et me fit parvenir deux maquettes où il faisait office d'interprète. La première contenant une version "Texte" et la seconde une version "Club" (le même thème musical avec plus de variations au piano).

 

Ensuite, nous nous sommes rencontrés à Paris en septembre 2011. Je lui ai présenté d'autres textes et il m'a interprété certaines de ses compositions. La découverte de vraies corrélations entre nos sensibilités respectives fit naître un projet d'album qui devait contenir une douzaine de chansons. Malheureusement Jean-Yves Paris devait disparaître en décembre 2012.

 

Afin de lui rendre hommage, en accord avec ses enfants Baptiste et Esther, nous avons décidé de rendre ces deux maquettes disponibles à l'écoute à partir des liens suivants :  Version texte    Version club


 



Sur les corps anonymes j’ai cherché ta peau

Et dans chaque souffle j’ai voulu ta bouche

Aux corps anonymes j’ai voulu dire les mots

Ceux que tu espérais pour ôter les doutes


 

Je les ai pleurés sur les corps anonymes

Ces mots écrits pour toi que tu n’attendais plus

Et les corps anonymes les ont tous effacés

Aux langueurs de nuits moites et d’aubes repues



 

D’autres mots sont nés, c’est un corps anonyme

Qui me les a soufflés dans le vent du chagrin

Un de ces matins où je crachais ma bruine

En pensant qu’après toi, il n’y avait plus rien


 

Rien, après tes lèvres molles de sommeil

Tes douces colombes aux nervures bleuies

Qui remplissaient mes mains, envahissaient mes nuits

En pensant qu’après ça, il n’y aurait plus rien


 

Au corps anonyme

J’ai cousu un prénom

Qui n’était pas le tien

Et ta voix s’en est allée

S’en est allée au loin


 


Robert Loï - le 8 décembre 2009



Une traduction en roumain a été réalisée par Lidia Caciora pour le magazine roumain "Cervantes"



La corpuri anonime

Pe corpuri anonime am căutat pielea ta
Și în fiecare respiraţie am vrut gura ta
Corpurilor anonime am vrut să le spun cuvinte
Acelea pe care le astepţi pentru a scăpa de îndoieli.

Le-am plâns pe corpuri anonime
Aceste cuvinte scrise pentru tine, pe care nu le mai aşteptai
Şi corpurile anonime le-au şters pe toate
În oboseala nopţilor transpirate şi a dimineţilor pline.

Alte cuvinte s-au născut, un corp anonim
Mi le-a suflat în vântul durerii
Într-una din dimineţile acelea în care am scuipat amarul meu
Gândind că, după tine, nu avea nimic.

Nimic, după buzele tale inmuiate de somn,
Porumbeii tăi dulci cu vene albastre,
Care îmi umplu mâinile şi îmi invadează nopţile
Gândind că, după aceea, nu va mai fi nimic.

Pe corpuri anonime
Am cusut numele tău
Care nu era al tău
Şi vocea ta a plecat
A plecat departe.

 

 

Une traduction en espagnol a été réalisée par Lydia Vazquez

 

Sobre los cuerpos anónimos he buscado tu piel

Y en cada soplo he querido tu boca

A los cuerpos anónimos he querido decir las palabras

Las que esperabas para salir de dudas

Las he llorado sobre los cuerpos anónimos

Esas palabras escritas para ti que ya no esperabas

Y los cuerpos anónimos las han borrado

En la languidez de noches húmedas y albas hartas

 

 

Otras palabras han nacido, un cuerpo anónimo

me las ha traído al oído con el viento de la pena

Una de esas mañanas en las que escupía mi llovizna

Pensando que después de ti no había nada

 

 

Nada, después de tus labios blandos de sueño

Tus dulces palomas de nervaduras azules

Que colmaban mis manos, incvadían mis noches

pensando que tras eso no habría nada más

 

En el cuerpo anónimo

He cosido un nombre

Que no era el tuyo

Y tu voz se ha ido

Se ha ido a lo lejos




 

 

Aux corps anonymes

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