Un souffle

 

 

 

Je l’ai perdu un vendredi, un jour gris où il ne pleuvait même pas. Un jour d’avril où le soleil était viril. Je l’ai perdu un vendredi, mais s’étiolait depuis longtemps déjà. Je ne voulais pas le voir, pas y croire. Pas à la pluie qui tombe, même les beaux jours d’avril.

 

Avec lui, la bête immonde est partie. Le souffle, je ne voulais pas, la bête, je n’avais pas le choix. Elle avait pris la première place pour se jouer de moi, écraser ma douceur, jeter du sel sur mes blessures.

 

Partie. Quittant d’une seule pièce tout mon corps et mon esprit…Sans laisser la part nécessaire à l’équilibre des corps et des esprits. Ce ying et ce yang, cet enfer et ce ciel qui doivent fusionner ou  cohabiter en permanence pour l’équilibre du monde, des êtres. Sinon ce sont des monstres ou des faibles, des hydres ou des anges. Sans nuance.

 

Ce côté obscur qui permet aussi de lutter, de survivre. Et quand on l’apprivoise, qui peut faire frémir la biche rien qu’en caressant sa peau.

 

Le souffle encore.

 

Ca  devient dur dans les côtes, ça fait mal dans les côtes, souvent.

 

L’art ? Mais il ne rend pas les hommes meilleurs ! Il fait mieux, ou pire, Il les aide à habiter le doute. Poète Maudit ? Il faut en avoir le talent.

 

Le doute encore.

 

Essayer de souffler. Oui essayer encore. Mais c’était ça aussi. Tout allait avec, le torse et l’air qu’il pouvait contenir.

 

S’arrêter, souffler, repartir…le temps qu’il reste. Quel temps reste-t-il ?

 

Ne plus le compter, juste regarder les gens qui vous fuient, les uns après les autres. Qui sentent bon la vie et qui vous trouvent d'un coup...vieilli. Ne pas regarder ses traits dans le miroir, s'émacier, se durcir doucement.

 

Le souffle encore.

 

Lequel maintenant ?




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Commentaires

Cher Robert, C'est réellement un magnifique texte que vous nous avez donné là. Le doute certes, mais s'il vous plaît pas de vos écrits. Si tous vos textes ont cette intensité, il valent largement la peine d'être lus. Et je suis pour ma part très heureuse d'avoir cette chance. Bien à vous Anonyme
Commentaire n°1 posté par Anonyme le 27/06/2007 à 13h19
superbe mais on a peine a le lire jusqu'au bout la souffrance qui se degage du texte est trés prenante .... merci ça remet quelque part en place le coté précieux qu'a la vie et le fait que trop de gens y sont indifférents........
Commentaire n°2 posté par valerie le 29/06/2007 à 17h48
Très cher Robert je me sens tellement petite face à cette douleur profonde ,j'admire malgré tout , la poésie utilisée pour la décrire . Vous avez de l'art entre vos doigts ,vous recherchez du travail ,mais vous avez l'art et la manière d'écrire ,qui pourrait bien s'orienter vers un domaine du genre. cher Robert, je connais la souffrance ,pour l'avoir vécue sous différentes formes , mais quel courage de pouvoir la mettre en page ,quelle beauté de la résumer avec autant de coeur . Je ne vous savais pas poète à ce point ,c'est un délice de vous lire!!! Si vous parlez aux femmes avec autant de coeur et de sensibilité ,alors elles ne peuvent que tomber amoureureses de vous Robert!!!(lol)
Commentaire n°3 posté par Muriel le 03/07/2007 à 12h59
Le souffle encore...je ne l'ai plus. Touchée dans l'âme. Que dire si ce n'est merci !
Commentaire n°4 posté par kizzios le 03/07/2007 à 14h31
je trouve ce texte tres fort, on a du mal à reprendre son souffle en le lisant.Hate de lire des phrases moins graves
Commentaire n°5 posté par sab le 04/07/2007 à 17h52
Rebelle à toutes les certitudes, je sais d'expérience que le doute peut être benefique lorsqu'il permet la remise en question. L'art du poète qui dit les maux force les portes du respect et de la guérison,et même si le chemin semble si long, il n'est pas de poussière qui ne retourne aux étoiles, poussées par Le Souffle...de l'inspiration...Comprenne qui pourra...
Commentaire n°6 posté par Estherz le 08/07/2007 à 08h10
La beauté ne se trouve pas uniquement dans la nature ,elle se retrouve aussi dans le coeur des hommes aussi profond soit la souffrance elle reste belle à lire. Elle vous touche l'âme ,je vous apprécie beaucoup à travers ces lignes
Commentaire n°7 posté par anna maria le 23/07/2007 à 12h04
C'est vraiment très joli à voir et magnifiquement écrit Les mots sont tendres, Merci pour ce bon moment de lecture FAN
Commentaire n°8 posté par FAN le 30/08/2007 à 17h07
Recadrer peut-être la photo... coupez la moitié du corps., une photo toute en vertical pour marquer plus encore l'attitude...
Commentaire n°9 posté par pigré le 01/09/2007 à 20h45
J'ai emprunté une fois de plus un de tes chemins... et celui là me fait mal parce que je l'ai senti dans ma chair. J'ai perdu moi aussi ce souffle vital un beau jour de septembre... un mal rare et que j'ai mis longtemps à combattre. La vie est si précieuse dans chaque seconde, dans chacun de nos souffles elle est là... et il faut parfois lutter si fort qu'il m'est souvent venue l'idée de baisser les bras, arrêter de soulever mes côtes douloureuses. Et puis un jour l'envie... Et puis un jour la vie... Dans toutes nos cicatrices se sentir dans l'essence de la vie... tout simplement
Commentaire n°10 posté par Babou* le 25/06/2008 à 09h44
Écrire, c'est unir la vie intérieure à la vie extérieure. C'est attendre longtemps, sans avoir peur, avant de pouvoir lier l'histoire du monde à son histoire. Co "Jadelys"
Commentaire n°11 posté par Corinne le 09/08/2008 à 17h05
Le côté obscur qui permet de lutter et survivre! Tout comme le yin et yang nous sommes faits de blanc, de noir, parfois de gris!!! L'égalité du noir et du blanc n'est pas pas la même pour tous, d'où cette immensité de nuance dans les gris!!!! La fusion, passion pourraient se résumer ainsi : avoir la même nuance au même moment.... juste un moment dans ce tourbillon des couleurs! le noir est chez nous la couleur de l'hiver, ailleurs il est symbole de chaleur!! Les opposés s'attirent si la nuance dans le gris est la même! De cela je suis certaine, tout comme le côté noir à cultiver pour un gris plus profond!!!!
Commentaire n°12 posté par line le 16/08/2008 à 17h39
 
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