Publié par Robert Loi

Lumière

Si l'air venait à manquer,  je gonflerais ma cage

j'aspirerais le ciel, même avec une paille

quand bien-même, il manquerait

je ne fuirais pas, je ne fuirais rien, je ne fuirais plus

en poussant la pierre de mon mythe de Sisyphe

en haut de la montagne

ne remplirais plus ma valise à fantasmes

 

braderais

la pierre au marchand

offrirais

la valise au mendiant

 

la souffrance...mais c'est quoi la souffrance

un trou noir qui avale les étoiles, mes étoiles. La lumière, ma lumière

 

un corps sans la chaleur des mots, un peu de peau froide presque glacée

je donnerai mes souffles, coulerai mes larmes

je dirai mes mots, livrerai mon âme

 

quand l'air n'y sera plus

je ne fuirai pas, je ne fuirai rien, je ne fuirai plus

j'ouvrirai la terre sans m'y enterrer

pour prendre toute la lumière

Robert Loï © 2007 - Tous droits réservés